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Accueil ›Réforme économique à Cuba : tout change pour que rien ne change, le capital reste maître en sa demeure
Le 18 juin 2026, l’Assemblée nationale cubaine a approuvé, à l’unanimité, un vaste ensemble de réformes économiques libérales, avec près de 176 mesures au total. Elles visent à redynamiser l’activité économique de l’île - fortement affaiblie depuis plusieurs années en raison de l’embargo économique et du retour des sanctions, surtout depuis l’instauration d’un blocus complet par le gouvernement états-unien en début d’année, et marquée par des pénuries chroniques et coupures d’électricité - en attirant des investisseurs étrangers et en renforçant le rôle des entreprises privées et des marchés légaux (1).
Cette réforme, comparable à la réforme économique chinoise de 1978, a été présentée dans les médias et instituts bourgeois comme une « révolution économique », qui mettrait fin à l’un des derniers « modèles socialistes » dans le monde et symboliserait la victoire du capitalisme sur le socialisme (2). Évidemment, il n’en n’est rien comme un simple examen des faits le démontre.
Un « retour » au capitalisme ?
Ces réformes accordent un rôle moteur au capital privé dans l’économie cubaine, la faisant passer d’une économie encore fortement étatisée à une économie mixte, combinant entreprises publiques, planification indicative, coopératives et entreprises privées, suivant le chemin qu’ont suivi toutes les économies dites « socialistes » depuis la fin de la Guerre Froide (3) : « transformation des entreprises d'État en sociétés commerciales (par actions ou à participation) ; autorisation des entreprises privées de plus de 100 salariés ; ouverture du secteur privé aux capitaux étrangers ; autorisation des comptes en devises pour les particuliers ; ouverture à l'investissement privé (national et étranger) de l'agriculture, du tourisme, du secteur bancaire et du marché des changes ; possibilité pour les Cubains de détenir plusieurs entreprises privées et des participations dans d'autres sociétés ; autorisation des négociations salariales au sein des entreprises » (4).
Aussi majeures et ambitieuses soient-elles, ces réformes économiques ne changent pas fondamentalement la structure économique cubaine. D’abord, puisque cette réforme n’est que la continuation d’une longue série de réformes économiques entreprises depuis l’écroulement de l’Union soviétique (en 1994, en 2008 ou en 2021 par exemple), qui visaient déjà à redynamiser l’économie cubaine en l’ouvrant aux capitaux privés et étrangers. Ensuite, parce que l’économie cubaine a toujours été une forme particulière de capitalisme, le capitalisme d’État, qui est simplement une autre forme d’exploitation du prolétariat (5). Comme l’explique Friedrich Engels :
(…) ni la transformation en sociétés par actions, ni la transformation en propriété d'État ne supprime la qualité de capital des forces productives. Pour les sociétés par actions, cela est évident. Et l'État moderne n'est à son tour que l'organisation que la société bourgeoise se donne pour maintenir les conditions extérieures générales du mode de production capitaliste contre des empiétements venant des ouvriers comme des capitalistes isolés. L'État moderne, quelle qu'en soit la forme, est une machine essentiellement capitaliste : l'État des capitalistes, le capitaliste collectif en idée. Plus il fait passer de forces productives dans sa propriété, et plus il devient capitaliste collectif en fait, plus il exploite de citoyens. Les ouvriers restent des salariés, des prolétaires. Le rapport capitaliste n'est pas supprimé, il est au contraire poussé à son comble (...)
Engels, Anti Dühring, 1878
C’est précisément là que réside le problème ; car tant que les classes possédantes restent aux commandes, la nationalisation n’abolit jamais l’exploitation, mais se contente d’en changer la forme — dans les républiques française, américaine ou suisse tout autant que dans l’Europe centrale monarchiste et l’Europe orientale despotique.
Lettre d’Engels à Max Oppenheim, 24 mars 1891
L’étatisation d’une économie ne lui fait pas perdre son caractère capitaliste : une économie capitaliste d’État, comme Cuba, reste guidée par la profitabilité des entreprises publiques ; les capitaux privés et marchés légaux ou semi-légaux existent depuis l’avènement de la Révolution cubaine (6) ; les entreprises sont possédées par une nouvelle bourgeoisie qui exploite ses salariés, contraints à vendre leur force de travail, et leur extorque une partie de leur plus-value. Il s’agit toujours d’une économie dont la seule loi qui détermine son fonctionnement est la loi de la valeur, où les produits sont destinés à être vendus comme marchandises, où la monnaie est utilisée pour mesurer la comptabilité nationale et la rentabilité des entreprises (7). Les entreprises publiques sont en concurrence entre elles pour accumuler toujours plus de capital. On pourra coller l’étiquette de socialiste à l’ensemble des caractères marchands du capitalisme : salariat « socialiste », marché et marchandises « socialistes », monnaie « socialiste », capital « socialiste ». Cela n’empêchera pas ces catégories d’exister à Cuba comme dans toute économie capitaliste ni les travailleurs d’être exclus du pouvoir, eux qui sont dans l’incapacité d’exercer un quelconque contrôle sur l’administration et l’économie d’un État qui leur est étranger (8). Comme nous l’écrivions déjà en 1984, l’économie cubaine repose, comme toute les autres économies pseudo-socialistes, sur la sur-exploitation des travailleurs (9) :
Castro a promulgué une loi sur la sécurité sociale en 1962, mais en 1969, seuls 6 % des travailleurs cubains remplissaient pleinement les conditions requises pour bénéficier de l’ensemble des prestations de retraite et de sécurité sociale, car celles-ci dépendaient d’un bon dossier professionnel. Ces conditions ont été encore renforcées en août 1969 par la loi n° 225, qui a instauré des fiches de contrôle du travail pour tous les salariés. Celles-ci consignent les antécédents, l’activité politique et la productivité de chaque salarié. Sans cette carte, il est impossible de travailler ou de percevoir un salaire. De plus, ne pas travailler constitue un délit (en vertu de la « Ley contra la vagancia » ou « loi contre l’oisiveté » de 1971), tandis que le travail est de plus en plus militarisé. La tendance est donc à l’aggravation, et non à la diminution, de l’exploitation.
Cuba est capitaliste, Workers Voice, journal de la Communist Workers’ Organisation, Janvier 1984
Ce n’est pas une dictature du prolétariat, mais une dictature de la bourgeoisie sur le prolétariat : les syndicats sont entièrement étatisés ; les grèves sont interdites et les meneurs fusillés ou emprisonnés dans des camps de travail (10) ; les quelques organes de masse existants à l’échelle locale sont phagocytés par le Parti-État. On rappellera que c’est Che Guevara lui-même, révolutionnaire romantique et tiers-mondiste, qui instaura le travail obligatoire pour le prolétariat en tant que ministre de l’industrie et déclara en 1961 que « les travailleurs cubains doivent s'habituer à vivre sous un régime collectiviste (!) et par conséquent à ne pas pouvoir faire grève » (11).
Peu après la révolution, entre 1961 et 1964, le pouvoir met en place des commissions de doléances au sein des entreprises, présentées comme des espaces de participation ouvrière. Leurs membres sont élus par les travailleurs, la direction de l’entreprise et le ministère du Travail, lequel conserve néanmoins un droit de veto sur toutes les décisions. Si ce dispositif est censé canaliser les revendications, certaines commissions prennent pourtant le parti des ouvriers contre les cadres de l'entreprise. Cette autonomie, certes toute relative, est rapidement dénoncée par Che Guevara : toute revendication susceptible de freiner la production constitue une « menace » pour la Révolution (12). Les syndicats ne doivent en aucun cas devenir des instruments de défense des droits des travailleurs ou un quelconque contre-pouvoir ; ils doivent devenir un instrument de discipline au service de l'État ; ils sont sommés de se transformer en simples relais de la ligne gouvernementale. Che Guevara résume sans ambiguïté cette conception en affirmant que « le meilleur dirigeant syndical est […] celui qui saisit parfaitement le processus révolutionnaire et qui, l'analysant et le comprenant en profondeur, soutiendra le gouvernement et convaincra ses camarades en leur expliquant les raisons de certaines mesures révolutionnaires » (13). Le capitalisme de caserne en somme, le despotisme à l’usine visant à augmenter la productivité par tous les moyens, bien éloigné du collectivisme socialiste dans lequel la production est planifiée selon les besoins et gérée collectivement par les travailleurs organisés en conseils.
Si elles n’ont pas substantiellement modifié la structure économique, ces différentes réformes économiques libérales ont toutefois amoindri le poids de l’État social cubain, conduisant à une augmentation substantielle de la pauvreté et des inégalités (14). Raul Castro déclara ainsi en 2008 que « le socialisme signifie la justice sociale et l’égalité, mais l’égalité des droits, des opportunités, non des salaires ».
Il n’y a que l’extrême gauche du capital, trotskistes en tête, pour voir dans Cuba une économie socialiste ou un État ouvrier déformé. Dès l’origine, la Révolution cubaine a été une révolution démocratique-bourgeoise, agrarienne et nationaliste. Il ne s’agissait pas d’édifier le socialisme ou le communisme, d’instaurer une dictature du prolétariat, mais simplement de rééquilibrer quelque peu le rapport de force entre les classes et entre États dans l’objectif de canaliser la contestation populaire vis-à-vis du régime de Batista (15), via la mise en place d’une réforme agraire (l’expropriation avec indemnité des grands domaines et le partage des terres privées entre les paysans) et la construction d’un capitalisme national (l’étatisation des grandes entreprises cubaines et étrangères, notamment états-uniennes). Castro déclara ainsi peu après la prise du pouvoir : « J'ai clairement et catégoriquement affirmé que nous ne sommes pas communistes… Les portes sont ouvertes aux investissements privés qui contribuent au développement de Cuba ». C’est seulement à la suite de la rupture des relations diplomatiques avec les États-Unis, suite à l’expropriation de multinationales états-uniennes, que le régime castriste se proclamera fièrement et de manière opportuniste « communiste », pour obtenir les subventions et le soutien de l’Union soviétique, et être placé sous la férule de l’impérialisme soviétique (16). Lors des débats de 1962-1966 sur le devenir de l’économie cubaine, le camp pragmatique, partisan d’une transition par étapes, est défait par le camp idéaliste mené par Che Guevara, soutenu par Fidel Castro, qui promettait le passage immédiat au communisme (17), sans que rien ne change pour autant de manière fondamentale dans la structure économique de Cuba (les incitations matérielles et inégalités de salaire étant conservées).
Il n’a jamais existé de véritable communisme à Cuba. Le mouvement « communiste » cubain naît immédiatement stalinisé en 1925 et devient un instrument de la contre-révolution. En août 1933, alors qu’une grève générale éclate contre la dictature de Gerardo Machado, le parti communiste s’allie au gouvernement en acceptant de suspendre la grève en échange de sa légalisation (18). En 1940, le Parti Socialiste Populaire – nouveau nom du parti « communiste » cubain - soutient le général Batista et rejoint sa coalition gouvernementale composée de conservateurs et de libéraux. Il s’aligne finalement sur la guérilla du Mouvement du 26 juillet, regroupant nationalistes bourgeois du Parti Orthodoxe et staliniens, avant de se dissoudre dans le Parti-État. Une longue trajectoire de trahisons successives du prolétariat cubain, orphelin de son organisation de classe.
Une réforme mise en place sous la pression de l’impérialisme états-unien
Cette réforme économique a été directement mise en place à la suite de l’effondrement économique de l’île. Elle fait suite aux pressions de l’administration états-unienne pour que se « modernise » son économie. L’objectif de l’administration Trump est clair : renforcer la pression économique sur le gouvernement cubain jusqu’à ce qu’il cède le pouvoir. Et s’il ne le fait pas, un scénario à la vénézuélienne ne peut être exclu, c’est-à-dire une intervention militaire visant à renverser le président Diaz Canel en lui substituant un de leurs pions. Et le gouvernement états-unien semble l’avoir trouvé : Raúl Guillermo Rodríguez Castro, petit-fils de Raul Castro, l’un des principaux représentants de cette bourgeoisie castriste honnie (19). Comme Maduro, le gouvernement cubain cherche à s’accommoder avec l’impérialisme états-unien, à négocier directement avec lui, et semble prêt à accepter toutes ses demandes – jusqu’à un certain point. En février, de premières réunions avaient eu lieu avec l’administration Trump pour « résoudre les différents », qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui. Enlisé dans le conflit avec l’Iran, l’administration états-unienne ne semble pas vouloir, pour l’instant, se lancer dans une nouvelle aventure militaire périlleuse, vu l’affront qu’à été l’invasion ratée de la Baie des Cochons en 1961. Mais il fait peu de doute que la situation risque d’évoluer dans les prochains mois, y compris vers un tel scénario, Cuba étant revenu au centre des préoccupations du Secrétariat d’État, qui lui impute faussement une stratégie de déstabilisation des États-Unis, et qui considère que ces réformes économiques sont encore « insuffisantes », puisqu’elles maintiennent le contrôle du Parti-État (20). L’administration Trump cherche à renforcer son interventionnisme dans son pré-carré qu’est l’Amérique latine, afin d’affaiblir son grand rival économique qu’est la Chine par l’intermédiaire de ses principaux alliés dans la région, dont Cuba est l’un des derniers. Au vu de l’affirmation de l’impérialisme états-unien et de son hard power aux quatre coins du monde, il est difficile d’imaginer que la situation puisse se résoudre par de simples discussions diplomatiques, autrement que par l’usage de la force.
La route de l’émancipation prolétarienne passera sur le cadavre du castrisme
Tant l’empire états-unien que le gouvernement castriste sont des ennemis de la classe ouvrière. Un gouvernement prêt à affamer un peuple pour avoir refusé historiquement de s’aligner sur ses demandes ne pourra jamais être un allié des exploités. Mais prétendre que le castrisme représente un quelconque progrès pour les prolétaires est une farce. Son modèle économique n’était viable que dans la mesure du soutien de l’Union soviétique. Depuis son écroulement, Cuba cherche à survivre malgré l’embargo économique. Mais sa survie économique se fera au prix d’une libéralisation encore plus accélérée, et d’une normalisation des relations avec les États-Unis, au détriment de toute amélioration des conditions de vie des travailleurs.
Les classes populaires cubaines ont depuis longtemps compris que ce régime ne les représentait pas. En 2021, des manifestations d’ampleur ont éclaté, principalement dans les quartiers les plus pauvres, contre le régime castriste, associé à la faim, aux privations, aux pénuries de biens essentiels (nourriture, eau, carburant, médicaments) et aux coupures d’électricité. Une répression de classe a alors permis d’étouffer tout soulèvement spontané (21). Aujourd’hui encore, ces manifestations se répètent autour des mêmes slogans : « Nous avons faim ! » (22). C’est la revendication de la dignité du travailleur, celle de pouvoir vivre et non survivre, qui s’exprime ici.
Cependant, ce mouvement populaire spontané a aussi des limites évidentes : les manifestants croient dans la propagande castriste qui assimile son régime au communisme, et, voulant s’opposer à la répression, ils assimilent leur rejet de la dictature castriste au rejet du communisme. Pourtant, c’est uniquement en retrouvant le chemin de la lutte de classe, contre la dictature pseudo-communiste du castrisme et contre l’impérialisme états-unien, que les travailleurs cubains pourront s’émanciper une fois pour toute de l’esclavage et des privations auxquels ils sont quotidiennement confrontés.
La révolution sociale devra nécessairement passer sur les cadavres pourrissants des derniers vestiges du stalinisme, afin de parvenir à son objectif ultime, l’émancipation prolétarienne. Elle devra également se faire contre les principaux instigateurs de la misère, à savoir les capitalistes états-uniens, qui promettent liberté et démocratie tant que cela sert leurs intérêts. C’est seulement par l’action autonome et indépendante de la classe ouvrière, opposée tant à la bourgeoisie « communiste » qu’impérialiste et organisée par son Parti de classe, en union avec les autres contingents du prolétariat mondial, que nous pourrons y parvenir. L’avenir appartient partout à la classe ouvrière en tant que seule classe en lutte pour l’émancipation de l’humanité, car comme Lénine, nous savons que si « le capitalisme a vaincu dans le monde entier », « cette victoire n'est que le prélude de la victoire du Travail sur le Capital » (Les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme, Lénine, 1913).
Xav21/07/2026
Notes :
Image : File:Cuba Bouquinistes à La Havane 4.jpg commons.wikimedia.org
(3) Chine, Laos, Vietnam et Corée du Nord
(6) Dans les années 1980, avant les réformes économiques, près de 10 % des emplois dans l’économie cubaine venaient du secteur privé. Cf. CUBA Social Policy at the Crossroads: Maintaining Priorities, Transforming Practice An Oxfam America Report 2002, p. 27
(7) Carmelo Mesa-Lago, Cuban studies n°16, 1986, University of Pittsburgh Press, pp. 158-160
(8) Che in power, Socialist Standard, numéro 1263, novembre 2009. Voir aussi leftcom.org
(10) Ces camps, les unités militaires d’aide à la production, internaient des éléments contre-révolutionnaires partisans d’un nouveau régime inféodé à l’impérialisme états-unien, mais aussi des homosexuels, des opposants politiques trotskistes, des travailleurs non productifs ou absentéistes, des grévistes, et ceux qui à l’époque étaient considérés comme des « asociaux », c’est-à-dire exclus du marché du travail.
(11) Samuel Farber, Che Guevara. Ombres et lumières d'un révolutionnaire, Syllepse, 2017, p. 96
(12) Ibid., p. 97
(13) Jeannine Verdès-Leroux, La Lune et le Caudillo, Gallimard / L'arpenteur, 1989, p. 383
(14) revista.drclas.harvard.edu et southampton.ac.uk
(15) N’oublions pas que si le mouvement du 26 juillet appelle à une grève générale le 1er janvier 1959 pour soutenir le renversement du régime de Batista, il appelle le jour même à la reprise du travail afin de ne pas « désorganiser » la production. C’est qu’une insurrection ouvrière n’aurait pas été dans ses intérêts.
(16) L’économie cubaine a été maintenue par l’Union soviétique dans un état de dépendance au marché mondial, notamment dans l’industrie sucrière d’exportation, au détriment des cultures vivrières. Cf. leftcom.org
(17) Le « communisme » stalinien, c’est-à-dire l’étatisation entière de la production et des profits « socialistes ».
(18) Bilan n°17 - Mars-Avril 1935, Luttes inter-impérialistes et luttes de classe en Amérique latine (suite et fin)
(19) nouvelobs.com et lemonde.fr
(20) lemonde.fr et foreignpolicy.com
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